Convoyage Hendaye – La Rochelle.

Convoyage Hendaye – La Rochelle.
Accrochez-vous, c’est parti pour 61h de près !

Et voilà ! Après un petit tour par le Pays basque pour les vacances, notre petite Trompette a rejoint son cocon, sa maison, son port d’attache pour les 4 prochaines années, j’ai nommé : LA ROCHELLE !  Notre premier rendez-vous Rochelais c’est le baptême, puis ensuite le début des entraînements en Octobre. Hors de question de l’amener par la route, nous avons donc opté pour la mer, un convoyage qui nous a pris quelques heures seulement !
Enfin presque…

 Hé m****, j’ai laissé les clés du camion dans le bateau ! »

 « Il est 2h du matin lundi, sur le parking d’Hendaye quand Léo lâche cette phrase, désemparé. C’est le dernier fait marquant de ce week-end qui nous aura essoré jusqu’au bout …  (Info utile pour vous qui nous lisez : Léo vit et donc dort… dans son camion. )

39h, c’était la durée initialement prévue pour relier Hendaye à La Rochelle. Pour une fois, on avait fait les choses bien, le temps de nav’ avait été calculé par un logiciel de routage, tout était parfaitement prévu.
… Retour sur les événements !

Vendredi soir, Léo débarque directement de Serbie par le train de 22h35. On ne perd pas de temps, à peine 30 minutes plus tard, il est déjà à bord et on largue les amarres. Les courses sont chargées, le moteur chauffe, les copains sont là pour nous voir partir. On briefe rapidement Théo qui nous accompagne sur cette nav’ :
« T’inquiète pas, on arrive dimanche matin pile pour le petit dej’ et on sera rentré lundi à l’heure pour le boulot, on a pris laaarge ! ».
Au début, 3-4 nœuds de vent pour sortir du port, c’est pas beaucoup… Mais c’est prévu ! On sort du chenal juste avant que le courant ne s’inverse (toujours comme prévu) puis ensuite la routine s’installe, on va dormir à tour de rôle pour engranger du sommeil lors de cette première nuit.
Le matin, le jour se lève, c’est beau. Premier point cartographie, le verdict tombe : on est toujours au large de Bayonne, BA-YONNE !!! 😲En voiture, c’est à une demie-heure de notre point de départ et ça nous a pris une nuit ! Bon, quelques heures de retard, rien de grave, au lieu d’un petit dej’ ce sera un brunch à La Rochelle. Et puis de toute façon le vent va remonter, on peut encore rattraper notre retard.
 
La journée du samedi est parfaite, du vent, du soleil, la grande forme. Seul hic, le vent de face nous oblige à faire de la route supplémentaire mais c’était prévu !
Pour commencer la journée, un petit exercice de gobelet à la mer organisé par Léo. Il a (pour une fois  🙄) renversé son café et fait tomber son gobelet à l’eau. Nous sommes chanceux, la mer est plate,  le récupérer ne devrait pas poser de problème, un passage suffira … 
6 passages plus tard… « Ça y est, je l’ai !! ». Cet épisode nous a montré qu’il faudrait peut-être s’entraîner à récupérer un homme à la mer. Juste au cas où !
 
On avait aussi promis à Théo qu’on allait voir des dauphins. La chance est avec nous, à 10h ça s’agite. Ça y est, les voilàààà ! Aaah, en fait non ! … Ce ne sont que des thons ! Ça saute de partout au-dessus du bateau ! Après s’être demandé s’ils étaient chassés ou en train de chasser, on s’est finalement dit qu’ils devaient faire un concours de gymnastique, alors on s’est mis à noter leurs figures : « Bravo mon Jerem’, c’est un 10 ! »

Samedi soir, on est toujours un peu en retard sur le routage, mais le vent devrait rentrer dans la nuit et tourner pour nous permettre de faire route directe sur La Rochelle. Mais il n’en est rien ! C’est même tout l’inverse qui se passe… Il ne tourne pas du tout, non, il s’effondre même. Au lieu d’appuyer sur l’accélérateur, comme prévu, on passe quasiment toute la nuit avec les voiles qui claquent, à l’arrêt complet.
Malgré tout notre optiminisme, on doit se rendre à l’évidence, ce ne sera ni un brunch ni même un déjeuner. On se dirige plutôt vers une arrivée dans la nuit de dimanche à lundi. En se dépêchant, on devrait arriver à l’heure au boulot.

Le deuxième jour, dimanche,  le vent rentre enfin, chouette ! Oui mais non ! Il rentre pile dans l’axe de La Rochelle, ce qui nous oblige encore à rallonger la route… Mais bon, on avance enfin et on a le smile 😃.
La nuit approche, nous voilà au niveau de Bordeaux. On se prépare un bon plat chaud pour recharger les batteries et on se conditionne pour une nuit musclée car le vent est en train de monter.
Comme prévu, la nuit est effectivement mouvementée, on commence à réduire la grand voile (en langage technique, on appelle ça “prendre un ris”). Le vent monte encore, on en prend un deuxième, mais l’anémomètre affiche toujours 30 nœuds de vent. Il faut encore réduire la toile, ce n’est pas suffisant, on prend donc un ris dans le solent (la voile d’avant).
À l’intérieur du bateau, c’est carrément l’enfer ! L’aménagement étant pour le moment inexistant, les affaires sont calées en équilibre précaire. Et surtout, on tente, comme on peut, de dormir du côté “au vent” du bateau (c’est-à-dire du côté relevé quand le bateau penche) pour faire contrepoids. Sauf qu’être à deux en même temps, c’est mission impossible (rappelons que le bateau ne fait que 6,50 m de long !), on peut donc entendre des phrases surréalistes comme :  
« Eh toi, tu viens d’où comme ça là ? », de Théo, encore à moitié endormi, à Romain qui vient de lui tomber dessus depuis sa couchette, ou autre « Hey ! Mais c’est ma tête ça ! », lorsque Théo pose son pied sur la tête de Léo qu’il pensait n’être qu’un tas de vêtements …

Lundi matin, on arrive enfin dans le pertuis Rochelais, on se paye une bonne tranche de rigolade en débriefant de la nuit passée : qui a marché sur qui, pourquoi le couvercle du GPS est rempli de chips détrempés, … Heureux mais fatigués, on voit enfin le bout de ce convoyage ! On choisit même le menu du restaurant du midi, puis on décide d’appeler le port pour savoir si on peut avoir une place. Et là, c’est la douche froide ! Ils nous expliquent qu’il n’y a pas assez d’eau dans le chenal d’accès au port et qu’on va devoir patienter en attendant que la marée remonte ! Nous voilà donc à l’ancre dans le chenal, à 100m de notre lieu d’arrivée qu’on ne pourra atteindre que 2h plus tard ! On doit probablement détenir le record du 100m le plus lent de l’histoire…

Une fois à notre place, on sort le bateau de l’eau, on le range, on part en vérifiant de n’avoir rien oublié derrière nous et c’est parti pour 4h de route ! 
La suite, vous la connaissez (elle est tout là-haut pour ceux qui ont eu du mal à suivre), ça se passe à 2h du matin sur un parking d’Hendaye !
Bref, on a failli arriver en retard au boulot  … le MARDI !

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